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Docteurs

Takuya WATANABE

Docteur

Sujet et direction de thèse

L’émergence de la drogue : La construction d’une catégorie à partir des cas de l’opium, du haschisch et de la morphine, XIXe-XXe siècle, France, sous la direction de Patrice Bourdelais

Thèse dirigée par Patrice Bourdelais, soutenue le 18 septembre 2012, devant un jury composé de Jacqueline Carroy (EHESS), Élisabeth Belmas (Université Paris-VIII/ Paris-Nord), Christian Bonah, Marc Renneville (EHESS)

 

Résumé

L'opium, le haschisch, la morphine et ce que l'on appelle la drogue dangereuse aujourd'hui, ont été d'abord reconnus comme remèdes utiles dans l'histoire de la médecine occidentale. Il existe une double définition des toxicomanes, qu'ils soient malades et victimes à soigner et qu'ils soient des hommes dangereux à approcher. Ce travail consiste à démontrer le processus historique de la construction d'une catégorie de la drogue ou d'une notion de toxicomanie au XIXe siècle en France, par l'analyse d'une transformation du cadre épistémologique surtout dans les discours médicaux, en se référant aux articles dans les Annales de l'hygiène publique ou les Annales médico-psychologiques.
Le premier chapitre est consacré à la question de l'opium et de l'hygiénisme. Selon les médecins de l'époque, l'état d'inertie ou d'apathie incité par l'usage de l'opium n'était pas seulement une maladie individuelle, mais aussi une menace envers la population. L'inertie au niveau collectif et social signifiait une faible force de travail de l'État ; Dans le chapitre 2, la question du haschisch et de la folie sont traitées. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, la psychiatrie française constate que le haschisch rend fou les drogués. Cependant, il ne faut pas négliger que, chez les aliénistes de l'époque, le fou et l'halluciné étaient presque synonymes ; Dans le chapitre 3 dont le sujet est la morphinomanie et la criminologie, l’idée que les toxicomanes sont des criminels potentiels apparait. Les criminologues de l'école moderne proposent d'accuser des individus dangereux et antisociaux, afin de prévenir le crime ou le délit qui ne sont pas encore commis ; Le 4e chapitre est consacré au problème de la propagation de l'alcoolisme dans le dernier tiers du XIXe siècle en France. Comparée à une épidémie, elle devient un grand sujet politique de l'hygiénisme. Une campagne antialcoolique est ainsi lancée, et à la fin du siècle, l'alcoolisme est appelé maladie dégénérative ; Enfin, le 5e chapitre traite de la construction d'une catégorie de la drogue dangereuse en France, qui contient intégralement diverses substances psychotropes. C'est l'alcoolisme qui a fait le prototype de la notion de toxicomanie, du point de vue de la santé de la société

Ehess
CNRS

ESOPP
Centre de Recherches Historiques - EHESS
54, boulevard Raspail
F-75006 Paris

Mail : esopp@ehess.fr

 

 

Illustrations :  ESOPP et CEDIAS-Musée social.

Dernière modification :
20 novembre 2017 16h13